neg’marroning

27 mars 2014

Hier soir c’était ma dernière à la comédie des trois bornes.
#sapinlejourogrelanuit #comédiedestroisbornes #onewomanshow #oceanerosemarie #sophiemarielarrouy
note : tu peux lancer la chanson un peu plus bas pour lire la suite, ça sera joli.
Je suis pas trop du genre à faire des bilans et tous ces machins, mais je crois bien que là faut pas déconner quand même ça serait pas poli de faire comme si ça avait été une étape qui passe inaperçue.
#etape #inaperçue #tourdefrance #voiturebalai
J’ai pas chialé parce que c’est pas le genre de la maison, enfin si j’ai chialé mais pas au bon moment, juste après, quand j’ai jeté la fin de ma 8-6 #8-6 #Bavaria #teasing et que c’était la dernière fois que je le faisais ici. #ici #quoi ?
pendant cette année, mon seul travail fixe c’était de monter sur scène, quel que soit l’état dans lequel je me trouvais. En gueule de bois, encore saoul ou quart suicide, avec le coeur brisé ou celui-la même chantant, avec ou sans public, avec ou sans réaction, quand il faisait trop chaud, ou alors trop froid, je pouvais tourner autour du pot autant que je voulais, tant que je montais sur scène pour faire le petit métier, comme j’ai décidé de le prénommer ce cher enfant.

Je me rappelle être arrivée chez Océane #rosemarie, avec mon texte encore chaud du four du matin, en lui disant sans respirer je peux pas je vais pas y arriver le texte est nul j’ai tout réécrit de toute façon je suis pas comédienne et puis personne viendra à part mes copains donc ce qu’on peut faire c’est plutôt aller casser une graine viens on le fait pas de toute façon toi t’as pas le temps donc mieux vaut que tu le perdes pas, moi je suis pas fiable tout le monde le sait bien, et puis j’ai dit que le texte était nul et que j’avais tout réécrit ah oui je l’ai dit. Et elle de s’asseoir, de me regarder, de m’écouter finir mais ça n’a pas duré longtemps parce que si vous avez bien lu vous aurez notifié que j’ai fait tout sans respirer. Elle m’a dit tu veux pas plutôt un thé, ça a été le début de la blague du thé fumé qui sent la saucisse, tu veux un thé fumé non ça sent la saucisse je voudrais celui avec du riz dedans même si franchement je trouve ça dommage qu’on puisse pas manger le riz en même temps, ce qui a été le début d’une autre blague qui marche toujours constituée d’une imitation des gens qui mangent le contenu de leur verre en le mâchant avant de l’avaler.
Après que je me sois assise, elle m’a dit non, nous allons travailler, et c’est ce que nous avons fait. Beaucoup d’un coup, avec patience et carnets elle a pris un nombre de notes incalculables, plus ci, moins ça, low play, ressens ce que tu dis, rappelle toi de l’enjeu, pense à ce que ça te fait de vivre ça, tout un tas de trucs que je m’imaginais pas du tout et qui ont fait que la première fois que je suis montée sur scène là-bas, j’étais pas traqueuse parce que j’avais pas le temps : j’étais concentrée. Et puis les mercredis ont passé, et puis on a réfléchi, avec la précieuse aide de Murielle Magellan qui, comme un gentleman du déménagement, (c’est la #metteure #en #scène #d’#oceanerosemarie) nous a dit ouais c’est pas mal, ouais… Mais en fait ça pourrait vraiment être beaucoup mieux. Alors on a pris les meubles et on a tout poussé pour mettre le canapé plutôt là la table contre le mur les tableaux un peu plus haut et l’enjeu vissé à la sincérité.
Alors on a refait des sandwiches et on est reparties, Océane toujours avec ses carnets et puis moi qui continuais à appeler le petit métier le petit métier.
Et puis c’était l’été on était à Veneux sur la terrasse, on chillait mais pas tant parce que c’était sous couvert qu’il n’y que quand tu travailles pas que tu travailles, un spectacle c’est de la patience et du travail mais pas comme celui qu’on croit, il faut répéter oui bien sûr mais surtout je crois qu’il faut partir du principe qu’une fois qu’on commence à jouer un spectacle on est de garde auprès de lui, à son chevet tout le temps, 24 sur 7, qu’il faut distinguer ses caprices et dire non et entendre aussi son instinct, alors c’est ce qui s’est passé, j’ai joué joué joué, des fois j’ai pas joué parce qu’il faisait trop froid et que les gens venaient pas, et j’avais hâte que ça devienne cette note de blog et donc un souvenir parce que sur le coup c’était pas drôle à vivre. Remballer son décor et son ego, je plie ma guirlande parce que personne ne s’est déplacé, et le seul truc qu’il me reste à faire c’est rentrer chez moi beaucoup trop tôt, fermer ma gueule et éventuellement me mettre une caisse en priant Jay-Z pour que demain soir on ait une liste longue comme le bras qui se pointe à 20h. C’est ça qui est fou avec la scène : un jour tu pleures et le lendemain tu vois Jésus pendant une heure, les gens rigolent y’en a même qui ont des fou rires et qui te propulsent tout la haut et puis le lendemain encore ils sont 7 dans la salle et ils te font un public comme jamais t’as connu.
Pendant cette année, j’avais des réguliers, qui sont venus 3, 4, 5 fois et qui voyaient le petit métier évoluer, ils riaient pas aux mêmes endroits que la fois précédente parce qu’ils captaient un autre truc, pendant cette année j’ai bu beaucoup de bière et mangé beaucoup de planches mixtes après, pour débriefer et redescendre, j’ai vu beaucoup de paires d’yeux me dire « je m’attendais pas à ça », et moi j’étais toujours surprise et fière, parce que je pars pas du tout du principe que c’est gagné. Avant chaque représentation, moi j’étais avec ma robe à fleurs et mes brodequins derrière le rideau, à me poser les questions suivantes « est ce que tu aimes les gens » et à réfléchir VRAIMENT parce que je répondais pas « oui » à chaque fois, alors si c’était non je re-réfléchissais, longtemps parfois presque 40 secondes, et je finissais toujours par dire « mais si… évidemment » parce qu’entre temps j’avais trouvé une raison de les aimer, la question d’après c’était « est ce que tu te kiffes, est ce que tu es ta propre chérie », et là bon je réfléchissais plus longtemps parce que c’est moins évident, mais petit à petit j’arrivais à dire « oh oui ! » et je vous jure que c’est pas un truc facile de se dire à soi qu’on se kiffe. Ensuite je regardais quel genre d’énergie y’avait dans la salle dont les rideaux étaient en train de s’ouvrir, j’ai changé le début pour ne pas faire une entrée mais commencer directement sur scène comme pour annoncer « ceci est MA salle, vous arrivez chez MOi vous êtes MES invités ». Et puis comme y’a des soirs où j’arrivais pas du tout à répondre oui à la question, non je me kiffe pas, ça me rendait si triste que j’avais les yeux brillants au moment du noir salle comme on dit, je vous jure c’est pas un truc pour faire l’intéressante je chialais vraiment parce que c’est chiant de pas se kiffer. Et là… Et là c’est souvent dans ces moments que je voyais Jésus, que les gens qui étaient venus me donnaient la confiance parce que je m’appliquais vraiment pour leur faire un joli dessin et du coup ils applaudissaient et c’est grâce à eux que j’arrivais à dire « Oh Oui ! »

et puis hier soir…
je me rendais pas bien compte que c’était ma dernière. Pour des raisons très joyeuses j’avais pas dormi la veille, et la journée avait été très chargée parce qu’on avait beaucoup de travail Navie et moi, je n’avais qu’une seule idée en tête, faire-une-sieste-avant-de-jouer. Je me suis donc jetée dans mon lit presque encore avec mon casque de scooter sur la tête, j’ai laissé dix minutes en suspens et je me suis dirigée, même chemin, à gauche, hop, au monoprix, à droite, à gauche, encore à gauche, lumière du théâtre allumée, je frappe, Jérôme m’ouvre, on se fait chacun une blague pourrie, je regarde la liste, c’est plein à fucking craquer, ce qui veut dire en langage des trois bornes 46 personnes, non c’est pas beaucoup, oui ça demande du travail, oui ça veut dire que des gens ont écrit dans leur agenda « sapin le jour ogre la nuit » ou « théâtre » à ce soir là, et moi ça me fait plaisir.
J’attends derrière le rideau, après m’être maquillée, j’ai l’impression d’avoir changé de tête en un an, je repense au pire soir, cet été, où j’avais 15 secondes de retard sur mes émotions pendant une heure, ce qui fait prendre pas mal de retard in fine, et puis ça y est ça s’ouvre, les gens applaudissent. Avant que je commence. Je sais que les copains sont là. Je les vois au premier rang, ils applaudissent parce qu’ils SAVENT. (ça y est je chiale maintenant). Il y a Sofia, qui a été ma colocataire pendant cette année de spectacle, qui sait quand je rentrais trop tôt et que je m’asseyais sans rien dire dans notre canapé rouge, ou la même situation quand je rentrais à une heure qui voulait dire que j’avais pu jouer, et elle qui n’a jamais manqué la question « c’était bien ? » Mon petit mari. Qui a vu qui j’invitais et pourquoi durant toute cette année, qui m’a soutenue et servi du vin pour fêter ça.
il y aussi les Cioffi, cette armée de bienveillance qui n’a JAMAIS douté et m’ont portée dans leurs bras toujours, quelque soit le temps et l’heure. Je me rappelle de la première fois que j’ai interprété le spectacle, chez moi, devant Raph, il était tard on était saouls et je crois bien que je m’en rappellerai comme d’un souvenir vif toute ma vie. Evidemment il y avait mon Océan, la femme de ma vie et ses carnets qu’elle avait abandonnés hier soir. Pour simplement regarder, pour la première fois en un an. Nine et ses amies, et puis d’autres, que je remercie pour leur présence hier et toute cette année.
Et puis évidemment comme c’est une dernière on a le droit, comme on regarde un film le dernier jour de classe en CM2, alors les copains du premier rang m’ont fait des surprises, tout le long du spectacle, comme lorsqu’ils ont tous ouvert une canette de 8-6 au moment où moi j’entamais la mienne. 1 « schlik », le mien, puis 5 « schliks », les leurs, en même temps.
C’est maintenant que je chiale parce que j’ai eu ma première standing ovation de 46 personnes, et moi les standing ça m’a toujours fait chialer, comme les ola dans les stades où les manifs, y’a trop d’énergie d’un coup et à chaque fois que j’ai joué en première partie d’Océane, pour qui les standing sont d’ordre commun, je me levais moi aussi en fond de salle et je pleurais comme une vieille madeleine en disant « bah oui ! Bah bien sûr ! Oh je suis fière ! Oh je suis fière » avec les gens debout à côté de moi qui devaient se dire dites donc elle est bien crâmée la protégée de la Lesbienne invisible.
J’ai eu des fleurs
j’ai eu des coeurs
on a entendu une de mes chansons préférées, celle là

on a bu du champagne et on a zoné
et puis je suis rentrée épuisée, et là, je me rends compte qu’hier soir, c’était ma dernière aux trois bornes.
quelle merveilleuse soirée
merci à tous.
j’ai hâte qu’on vive mille aventures encore.
photo (1)

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5 Réponses to “neg’marroning”

  1. On te kiffe SML, et on a hâte de te voir quelque part, n’importe où, pour de nouvelles aventures.

  2. Camille said

    Déjà ton spectacle est génial. Mais alors avec ce post et cette chanson de Nada, il est encore plus top !

  3. Clara said

    Je crois bien que j’ai assisté à la première du spectacle. Il y avait tes parents et de toute évidence beaucoup de tes potes. Et moi 🙂
    Mon propre pote m’avait faux-bond alors j’étais toute seule, ce qui craint quand même dans une salle de Minipouss et à un spectacle de rigolade. J’avais ri quand même et j’avais été même un peu émue ; je n’ai pas été déçue de ne pas avoir annulé ma venue même si #malaise #laSolitude.
    J’imagine que le spectacle a bien évolué ensuite, je regrette de ne pas être revenue.
    Félicitations en tout cas !

  4. Rafifou. said

    L’amour.

  5. J’avais mis « Théâtre SML » dans mon agenda. Une fois. Et puis on est arrivés en retard avec mes potes que j’avais trainés là en leur disant que c’était le spectacle forcément trop drôle de la nénette de la Matinale qui a un culot monstre et qui me fait trop rire alors que personne me fait jamais rire. On a frappé à la porte. Tambouriné même on pourrait dire. Quand on est revenus, pour de bon et à l’heure cette fois, en avance même, et que j’ai vu l’intérieur de la petite salle, j’ai eu un moment de malaise. Putain tout le monde a dû nous entendre tambouriner comme des bourrins, on a dû lui foutre en l’air sa concentration.
    Et puis on s’est assises avec mes deux copines. On a parlé parfum avant le début du pestacle et puis les lumières se sont éteintes. Ca m’a fait bizarre de voir ta bouille. Exactement comme je t’imaginais. Et rien que de te voir m’a émue et fait marrer. Avant même que tu n’ouvres ta 8-6.
    J’ai adoré. Mes copines aussi. Tu iras loin. Même tes légendes de photos sur Instagram sont drôles. Et puis tu écris super bien. Je dis que tu iras loin, mais tu sais où tu veux aller ?
    Je sais, c’est pas affaires. Mais y’a des chances que j’y sois pour t’applaudir.
    Allez, la bise.

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