qu’est ce qu’on peut bien y faire

3 mars 2013

qu’est ce qu’on peut y faire hein ? On écrit toujours pour quelqu’un, on danse toujours pour quelqu’un, c’est jamais gratuit, jamais sans manipulation même avec soi-même. Et même quand il fait beau comme ça, y’a toujours ce fichu crochet, du droit, un vieux souvenir, mais il est LA. A Avignon y’avait ce bar sur la place, sombre avec une salle au fond, comme le bar de Nancy, où on écoutait des gens parler trafic, ils nous donnaient de l’argent et on comprenait pas pourquoi, c’était encore de la manipulation, petite, 20 euros, par ci, un service par là, je sais toujours pas pourquoi, une couverture sûrement, je sais pas. On a toujours une côte en tête, une côte à monter sinon on serait rangés, on regarderait nos petites familles, les enfants qu’on aurait fait, on les regarderait et on s’inquiéterait pour eux, mais non on s’inquiète pour nous parce qu’on n’est pas rangés, on le sera jamais, toujours un truc à venger un bout de bois à mordre, quelqu’un à qui prouver mais c’est fatiguant à force de se bagarrer contre des cellules mortes, des sortes d’ombres comme des des crochets qui reviennent même comme ce matin alors qu’il fait beau, c’est même pas un choix et je me plains même pas, c’est comme ça.
MANGER DE LA CONFITURE
Je crois que j’aime plus la confiture, ça me rappelle les tasses transparentes, ça me rappelle les matins à 18h, ça me fout le cafard j’en ai rien à foutre je veux me lever le matin moi. La confiture c’est doucereux c’est pas normal y’a un traître dans la confiture c’est trop gentil comme principe et ça n’existe pas sans manipulation les gens gentils, soit c’est parce qu’ils veulent oublier de s’occuper d’eux, soit c’est parce qu’ils veulent t’accéder pour je ne sais quelle obscure raison, ça me fascine les gens qui cachent pas assez leur intention putain j’écris vraiment pas très bien là

LES PETITES RUES
y’avait plein de petites rues et du soleil bleu, en même temps les gens méchants c’est pareil c’est mignon les gens méchants ça veut dire qu’ils ont pas avalé un truc à un moment donné, les meangirls, les queutards, les mauvaises langues, les vendeuses qui te tendent un L en te regardant droit dans les yeux avec leur frange Vanessa Bruno, à tous je leur fais un bisou parce que nul n’est méchant gratuitement, ça aussi c’est une manip avec eux mêmes, ils veulent panser un truc qu’on leur a fait mais les gars c’est pas sympa faut régler vos petites escarmouches y’a pas de raison que tu me tendes un L ou que tu rappelles pas la petite juste parce qu’un jour Patricia t’a dit que t’étais moche en seconde C, c’est ta faute c’est pas la faute de la petite, alors sois bien gentil en général et viens prendre ton bisou.

LE DIMANCHE MATIN
Le dimanche matin c’est comme nuit de cellophane de Serge Lutens, tout est réuni pour que ça soit cool et pourtant c’est décevant. C’est plat, sans seconde saveur, en deux dimensions, c’est une mauvaise promesse, un je t’aime d’alcool, un bisou en pleine nuit qui intervient sur toi alors qu’il est pour une autre meuf, c’est pas franc un dimanche matin, on en revient à la confiture, c’est trop normal pour que ça ne cache rien de chelou, un dimanche matin… J’ai jamais aimé ça. Déjà parce que j’aime pas les chaussons, ça donne l’impression qu’il faut arrêter les conneries les chaussons. Le samedi soir c’est un pervers narcissique malin, il te retient à lui et tu n’y vois que du feu, t’irais n’importe où, te baigner, faire une connerie, allez on s’en fout demain n’existe pas, il te la vend bien sa nuit ce putain d’enfoiré de commercial de samedi soir, il te dit mais viens on s’en fout on craint rien et toi t’oublies tous tes crochets quand soudain bim il se tire dans la nuit et il oublie aucune de ses affaires et te réveille même pas, et c’est le dimanche matin qui te regarde te réveiller et alors que t’as encore qu’un oeil ouvert il te tend la liste de boucher que t’avais oubliée la veille. Bim. Et des chaussons parce que t’avais oublié la veille mais il fait froid le matin. ET MOI J’AIME PAS LES CHAUSSONS J’AI JAMAIS AIME CA BORDEL.

LES TRUCS DANS TES POCHES
Tu sais y’a ce truc, quand tu remets un manteau que t’avais oublié, c’est pareil avec les sacs que t’avais oublié, tu plonges en papillon dans le fond de ta poche et t’en ressors genre des trucs qui, s’ils sont restés au fond de ta poche c’est pas par hasard c’est bien qu’ils étaient en planque parce qu’il fallait pas que TU les retrouves, t’es comme la BAC de tes propres poches quand tu retrouves un truc comme ça. Un mouchoir un tickson de métro, un bonbon mi mangé, un mot que t’as finalement pas laissé et qui dit « je m’en vais. Bises. Bisou. Je t’appelle bientôt. A bientôt. Prends soin de toi. C’est débile de laisser un mot c’est ce que ton bon sens t’a dit et c’est bien pour ça qu’il chiale depuis trois mois au fond de ta poche, et là tu rouvres ses points de suture donc bim crochet retour dans l’ambiance du matin où t’as écrit ça, alors que c’est débile de laisser un mot. Si tu te casses c’est bien que tu te casses y’a pas à négocier cinquante mille ans, si tu te casses bah casse-toi et manipule personne assume de te casser fin de l’histoire quoi.

LES PHOTOMATONS
Ca me fait toujours halluciner les gens qui ont des photomatons avec leurs amis genre épars chez eux sur un mur qu’ils ont bien pris le temps de coller avec de la patafix, la blanche parce qu’ils sont locataires et qu’ils veulent pas raquer la caution en partant. J’aimerais bien mais j’ose pas dire « viens on va à l’autre bout de Paris faire des photos de photomatons », on a quoi 14 ans ? Nan ça se fait pas et je pense que je serais gênée si on me le proposait, mais c’est comme oh bref c’est pas très intéressant en fait. Mais j’aime bien les photomatons.

qu’est ce qu’on peut bien y faire, y’a des chansons pour ça, tout a été dit, tous les violons ont été utilisés et tous les pianos, pour dire ce que je suis en train de raconter, c’est n’importe quoi de penser qu’il y a qu’un seul monde, c’est débile y’a plein de sous couches, on vit d’autres trucs en parallèle, c’est pour ça que des fois on n’est pas fiers de ce qu’on a fait, parce qu’on pensait qu’il n’y aurait pas de dommages collatéraux, je déteste cette expression dommages collatéraux, ça devrait pas exister autre part qu’en droit, parce que dommages collatéraux dans nos vies à nous ça veut juste dire que tu n’as pas été assez courageux, chéri.
mais qu’est ce qu’on peut bien y faire, hein ?

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