Je suis arrivée et j’avais peur d’avoir froid parce que j’étais pas assez habillée mais en fait tout ça n’est pas très grave. Il était assis avec un jogging un peu trop long, un nike avec la grosse virgule en blanc sur fond bleu, ne vous inquiétez pas je vais pas vous la faire à base d’adverbes et de pluie qui coulait doucement sur les carreaux, c’est juste que la photographie avec moi qui avait eu peur d’avoir froid et lui assis ça m’a fait prendre conscience que tout ça n’était pas très grave.
Il a lancé un vieille chanson, une pas connue d’un pourtant hitman mélago des années 60, il s’en foutait un peu que je sois arrivée ça m’a fait plaisir parce qu’il y a les gens les suisses qui te disent « vous êtes en retard » et y’a les autres qui font une sieste le temps que t’arrives, ça va on était dimanche et le temps est en retard pour tout le monde le dimanche quand on a un rendez-vous, n’est ce pas ?

Alors voilà, j’ai fait ce que j’avais à faire, on était trois jeunes semi-branchés dont les problèmes ont des prénoms et les vagues à l’âme des couleurs un peu cools, mais lui putain, ses problèmes c’était « il me manque 50 cts » et « je me débrouille pour dormir ce soir et demain je sais pas on verra ». Ouais les gars, un sdf, mais pas un sdf comme nous on l’entend « ouais j’ai un pote qui me prête un appart pendant 3 mois » et tu retrouves le même sdf à bouffer tous les midis dans une brasserie crypto new yorkaise tous les midis, non non un vrai de vrai qui avait connu Mesrine mais qui s’en vantait même pas trop, il l’a dit en rallumant son mégot et entre autres choses en remettant ses lunettes, il était surtout concerné par le fait que son petit ami faisait un peu de la merde, c’était un peu un loubard mais gentil apparemment, un peu un loubard qui parlait mal aux gens et qui ne faisait pas attention à lui même, une petite métaphore pour dire qu’il se coupait régulièrement oups les bras oups dans le bon sens putain ça m’a arrêtée direct dans mon élan de petite pouf j’ai embarqué direct pour derrière les nuages le type m’a assise et m’a raconté ci et ça, toujours les mêmes histoires ouais sûrement ouais, mais on est tous un peu en boucle et en gros nous c’est plus ou moins sur la couleur de notre vernis donc si on pouvait se la fermer merci bonsoir.

« Le patron me faisait chier alors que je payais mon loyer, il me faisait chier parce que j’utilisais de l’eau chaude pour me laver, il me disait « eh tu prends des bains à l’eau chaude qu’il me disait et moi je lui faisais non je me lave la bite et le cul fin de l’histoire ».

Okay.

Tu vois tatie, y’a des fois comme ça y’a des dimanches où toi ça te fait chier de devoir sortir ta carte parce que t’as pas été retirer et du coup tu dois la sortir ta carte, pour acheter 5 paquets de clopes parce que le minimum c’est 30 balles avec la carte, et tu parles mal au buraliste ce connard qui se prend un minimum de 30 balles de cartes alors que c’est illégal, c’est le truc de ton après midi qui te perturbes, et après t’arrives face à un gars qui te calcule pas quand tu entres dans la pièce et annonce comme s’il disait qu’à Brest y’ un micro-climat à cause du vent de la mer, il annonce qu’il a « encore des copains » et que si quelqu’un fait du mal à son petit ami de 30 ans de moins que lui, il finit pas sa phrase mais tu sais bien ce que ça veut dire, les gens efficaces sont souvent ceux qui finissent pas leur phrase. Du coup j’ai pris son numéro parce que des fois y’a des gens qui me contrarient et j’aime bien l’idée de lui passer un coup de fil pour faire affaire, je pense que je le ferai pas mais je trouve l’idée rassurante. Enfin tout ça pour dire qu’hier j’ai bien fermé ma gueule avec mes 5 paquets de clopes alors que j’aimerais bien arrêter de fumer, j’ai écouté ce type pendant deux heures et ensuite j’ai mangé une pizza (8 euros) dans un appartement (loyer 850 euros) en regardant la télé (abonnement mensuel 30 euros) en fumant mes Royale (31,50 les 5 paquets) et je me suis dit que j’étais une morveuse et qu’il fallait que j’apprécie toute mon après midi parce que c’était le budget de 2 mois de ce type. Je pourrais continuer à le raconter parce qu’avant d’être ché-fau il gagnait hyper souvent « aux trois 7 » comme il disait, les machines à sous il les sentait comme une meuf qui veut pécho dans un bar, mais on me dit que mes posts sont trop longs du coup je m’arrête là. Tout ça n’est pas très grave au final vous voyez.

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laisse-moi me faire bien comprendre, c’est moi que j’aimais à travers toi. Tu n’as été qu’un marche-pieds pour que j’éprouve la médiocrité, pour savoir ce que c’est. La médiocrité m’ennuie, reprends ton tabouret, garde-le bien précieusement pour te hisser et regarder de loin les mondes que tu n’atteindras jamais.

Personne n’embrasse une boule de neige, sauf pour voir comment ça fait. Tu n’as rien à voir avec cette histoire. Je suis bien contente d’avoir fait mes courses, d’avoir mangé mes courses, maintenant je repars faire d’autres courses. Ne te méprends pas, chéri, tu étais la pute du président, et je suis le président.

J’étais de si mauvaise humeur hier, c’est toujours comme ça les descentes de scène, on était à la Cigale avec Océane samedi soir, c’était fou, c’était beau, on était comme à la maison, une maison avec 800 invités bien assis bien au chaud, on leur avait fait à manger, pendant deux heures ils ont mangé et nous on était bien fières en tant qu’hôtes que nos invités repartent avec le ventre plein. C’est ça la vie, tu chauffes, tu brûles, le lendemain faut faire la vaisselle, et puis tu retournes faire des courses. Ca n’est pas plus compliqué, calmez-vous nous avons la situation bien en main.
Calmez-vous nous avons la situation bien en main.
Embrasse la et ferme la porte en partant, c’est tout ce qu’on te demande. Plus de su-su-summertime sadness dans mon équipe. Ou si, on l’attend, on la chérit, parce que si elle arrive ça veut dire qu’elle n’a jamais été aussi près de repartir. C’est moi le président. Okay ?

qu’est ce qu’on peut y faire hein ? On écrit toujours pour quelqu’un, on danse toujours pour quelqu’un, c’est jamais gratuit, jamais sans manipulation même avec soi-même. Et même quand il fait beau comme ça, y’a toujours ce fichu crochet, du droit, un vieux souvenir, mais il est LA. A Avignon y’avait ce bar sur la place, sombre avec une salle au fond, comme le bar de Nancy, où on écoutait des gens parler trafic, ils nous donnaient de l’argent et on comprenait pas pourquoi, c’était encore de la manipulation, petite, 20 euros, par ci, un service par là, je sais toujours pas pourquoi, une couverture sûrement, je sais pas. On a toujours une côte en tête, une côte à monter sinon on serait rangés, on regarderait nos petites familles, les enfants qu’on aurait fait, on les regarderait et on s’inquiéterait pour eux, mais non on s’inquiète pour nous parce qu’on n’est pas rangés, on le sera jamais, toujours un truc à venger un bout de bois à mordre, quelqu’un à qui prouver mais c’est fatiguant à force de se bagarrer contre des cellules mortes, des sortes d’ombres comme des des crochets qui reviennent même comme ce matin alors qu’il fait beau, c’est même pas un choix et je me plains même pas, c’est comme ça.
MANGER DE LA CONFITURE
Je crois que j’aime plus la confiture, ça me rappelle les tasses transparentes, ça me rappelle les matins à 18h, ça me fout le cafard j’en ai rien à foutre je veux me lever le matin moi. La confiture c’est doucereux c’est pas normal y’a un traître dans la confiture c’est trop gentil comme principe et ça n’existe pas sans manipulation les gens gentils, soit c’est parce qu’ils veulent oublier de s’occuper d’eux, soit c’est parce qu’ils veulent t’accéder pour je ne sais quelle obscure raison, ça me fascine les gens qui cachent pas assez leur intention putain j’écris vraiment pas très bien là

LES PETITES RUES
y’avait plein de petites rues et du soleil bleu, en même temps les gens méchants c’est pareil c’est mignon les gens méchants ça veut dire qu’ils ont pas avalé un truc à un moment donné, les meangirls, les queutards, les mauvaises langues, les vendeuses qui te tendent un L en te regardant droit dans les yeux avec leur frange Vanessa Bruno, à tous je leur fais un bisou parce que nul n’est méchant gratuitement, ça aussi c’est une manip avec eux mêmes, ils veulent panser un truc qu’on leur a fait mais les gars c’est pas sympa faut régler vos petites escarmouches y’a pas de raison que tu me tendes un L ou que tu rappelles pas la petite juste parce qu’un jour Patricia t’a dit que t’étais moche en seconde C, c’est ta faute c’est pas la faute de la petite, alors sois bien gentil en général et viens prendre ton bisou.

LE DIMANCHE MATIN
Le dimanche matin c’est comme nuit de cellophane de Serge Lutens, tout est réuni pour que ça soit cool et pourtant c’est décevant. C’est plat, sans seconde saveur, en deux dimensions, c’est une mauvaise promesse, un je t’aime d’alcool, un bisou en pleine nuit qui intervient sur toi alors qu’il est pour une autre meuf, c’est pas franc un dimanche matin, on en revient à la confiture, c’est trop normal pour que ça ne cache rien de chelou, un dimanche matin… J’ai jamais aimé ça. Déjà parce que j’aime pas les chaussons, ça donne l’impression qu’il faut arrêter les conneries les chaussons. Le samedi soir c’est un pervers narcissique malin, il te retient à lui et tu n’y vois que du feu, t’irais n’importe où, te baigner, faire une connerie, allez on s’en fout demain n’existe pas, il te la vend bien sa nuit ce putain d’enfoiré de commercial de samedi soir, il te dit mais viens on s’en fout on craint rien et toi t’oublies tous tes crochets quand soudain bim il se tire dans la nuit et il oublie aucune de ses affaires et te réveille même pas, et c’est le dimanche matin qui te regarde te réveiller et alors que t’as encore qu’un oeil ouvert il te tend la liste de boucher que t’avais oubliée la veille. Bim. Et des chaussons parce que t’avais oublié la veille mais il fait froid le matin. ET MOI J’AIME PAS LES CHAUSSONS J’AI JAMAIS AIME CA BORDEL.

LES TRUCS DANS TES POCHES
Tu sais y’a ce truc, quand tu remets un manteau que t’avais oublié, c’est pareil avec les sacs que t’avais oublié, tu plonges en papillon dans le fond de ta poche et t’en ressors genre des trucs qui, s’ils sont restés au fond de ta poche c’est pas par hasard c’est bien qu’ils étaient en planque parce qu’il fallait pas que TU les retrouves, t’es comme la BAC de tes propres poches quand tu retrouves un truc comme ça. Un mouchoir un tickson de métro, un bonbon mi mangé, un mot que t’as finalement pas laissé et qui dit « je m’en vais. Bises. Bisou. Je t’appelle bientôt. A bientôt. Prends soin de toi. C’est débile de laisser un mot c’est ce que ton bon sens t’a dit et c’est bien pour ça qu’il chiale depuis trois mois au fond de ta poche, et là tu rouvres ses points de suture donc bim crochet retour dans l’ambiance du matin où t’as écrit ça, alors que c’est débile de laisser un mot. Si tu te casses c’est bien que tu te casses y’a pas à négocier cinquante mille ans, si tu te casses bah casse-toi et manipule personne assume de te casser fin de l’histoire quoi.

LES PHOTOMATONS
Ca me fait toujours halluciner les gens qui ont des photomatons avec leurs amis genre épars chez eux sur un mur qu’ils ont bien pris le temps de coller avec de la patafix, la blanche parce qu’ils sont locataires et qu’ils veulent pas raquer la caution en partant. J’aimerais bien mais j’ose pas dire « viens on va à l’autre bout de Paris faire des photos de photomatons », on a quoi 14 ans ? Nan ça se fait pas et je pense que je serais gênée si on me le proposait, mais c’est comme oh bref c’est pas très intéressant en fait. Mais j’aime bien les photomatons.

qu’est ce qu’on peut bien y faire, y’a des chansons pour ça, tout a été dit, tous les violons ont été utilisés et tous les pianos, pour dire ce que je suis en train de raconter, c’est n’importe quoi de penser qu’il y a qu’un seul monde, c’est débile y’a plein de sous couches, on vit d’autres trucs en parallèle, c’est pour ça que des fois on n’est pas fiers de ce qu’on a fait, parce qu’on pensait qu’il n’y aurait pas de dommages collatéraux, je déteste cette expression dommages collatéraux, ça devrait pas exister autre part qu’en droit, parce que dommages collatéraux dans nos vies à nous ça veut juste dire que tu n’as pas été assez courageux, chéri.
mais qu’est ce qu’on peut bien y faire, hein ?