Nous savons tous les deux que le monde sommeille par manque d’imprudence

23 octobre 2012

quand tu marches dans le matin en réfléchissant comment l’expliquer, le brouillard doit toujours devenir profond, les gestes lourds et les gens des visages; parce que la réalité est plus aride, seuls les vieux sont des poètes ils prennent le temps de dire les virgules, de traîner leurs chaussons moelleux sur le pavé qui pleure d’avoir été encore une fois sali encore et lavé encore, ils respirent aux places où l’on remplit pour ne pas se rendre compte qu’il faudra respirer beaucoup et qu’il faut être patient, ils regardent le ciel pour nous ils sont sur le pas de leur porte en attendant qu’on les relaie, ils ne fument plus ils ont trouvé leur confort dans leurs chaussons, ils savent qu’on peut y arriver comme quelqu’un qui a été le premier à se lancer pour traverser le pont, et ils rigolent parce qu’ils nous voient avoir peur mais j’aurais bien voulu voir leur tête à vingt ans. Leurs putes étaient des marylin, leurs boîtes avaient des chapeaux et leurs chapeaux des boîtes, tandis que les deux putes que j’ai croisées ce matin avaient des valises à roulettes molles et beaucoup trop de chouchous pour seulement deux personnes. Je dis pas qu’on peut pas le faire, je dis qu’il faut slow down sur le cynisme et se demander si on est vraiment malheureux autant qu’on le dit, on a trop de boutons à disposition dont on ne sait même pas à quoi ils servent, nos phrases sont à rallonge alors que si tu trouves la bonne cheville pas besoin de percer 400 fois ni de reboucher autant. Tu te lèves, tu dis bonjour, tu dis comment tu as dormi et ça suffit. C’est le vide qui nous fait peur, c’est le manque d’idées qui nous fait penser qu’on doit se mettre la tête en bas pour remuer le marc, alors que tout le monde sait bien que la lie c’est moins bon que le vin qui est au dessus. Tout le monde parle trop et à commencer par moi, je vais me faire un thé.

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Une Réponse to “Nous savons tous les deux que le monde sommeille par manque d’imprudence”

  1. Sophie said

    Les vieux me font peur. Ils me rappellent le temps qui passe, que je ne suis pas capable de l’apprécier, qu’un jour je ne pourrai plus marcher, que rire déclenchera des rhumatismes… Mais je crois qu’ils me font surtout peur parce qu’ils sont sages, parce qu’ils « savent ». Et que j’ai peur de savoir.

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