En haut d’une côté

31 octobre 2012

c’est fou comme il fait toujours froid dans les colocs et pourtant comme on s’y sent bien, sauf quand il faut aller faire pipi parce qu’il y a toujours une chambre derrière la porte des toilettes, et y’a toujours du café filtre qui reste du matin, café bouillu café foutu, tous ces gens qui dorment ensemble c’est quand on se sent le plus seul que les colocs sont les bienvenues, sinon on veut faire le cocon les conneries de tasses you and me, on oublie ce qu’on a été quand on avait pas la perf de l’autre branchée H24. Mais c’est pas de ça dont je veux parler, cette nuit j’ai dormi dans un appartement en déménagement où il faisait 100 degrés celsius c’est à dire qu’en tendant l’oreille (je vois très mal mais j’ai une très bonne oreille, comme les chouettes. Non c’est peut être les chauves souris je sais plus) j’entendais mon sang bouillir (trois minutes cuisson coque). Quand soudain à 4H du matin je me suis réveillée d’un trait en me disant qu’il fallait que je pense aux lions, et je rêvais d’un type qui était chauve de dos que je suivais dans une côte et il voulait qu’on aille se coucher mais dans sa poche de chemisette il a pris de la cocaïne et moi je suis pas très drogue tout ça donc je l’ai pas suivi mais moi y’a des abeilles qui m’ont suivie elles étaient sympa elles me disaient en abeille que demain ça irait mieux.
un petit tsunami ? non ?

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Nous nous sommes

31 octobre 2012

Je mange mes mains, toutes les chansons me regardent, je vous vois d’au dessus j’ai tout compris comme un lion dans une cage, je suis le roi et c’est vous qui êtes en liberté, c’est à s’en raser la tête pour respirer, c’est à en faire des refrains à répéter mille fois le temps que ça passe. C’est une ligne, une seule ligne dans le livre, une phrase et pourtant c’est global, je suis absolument certaine je n’ai pas besoin de boussole je n’ai pas besoin de vos cartes ne m’indiquez rien ne me faites pas perdre mon temps je sens que j’y vais que je ne me trompe pas, mais ça mord il manque du miel dans mon thé, il manque de l’eau à mes racines, il manque des toilettes alors que j’ai envie de faire pipi, il manque le nord à la mousse et une reine à mes fourmis. J’ai pris je paye. Il ne me manque que lui.

Christine and the queens <3, Narcissus is back

28 octobre 2012

28 octobre 2012

deux fois six douze ça fait douze paires d’yeux, un carton d’oeufs entier qui sont sur nous en train de manger des popcorns alors qu’on sait tous que ça nourrit rien du tout, les bruits qu’ils font avec leur bouche faut voir y’en a qui retiennent, y’en a qui crient y’en a qui sautent y’en a qui s’en foutent y’en a qui époussètent avec leur petit doigt les miettes et d’autres qui sont en dessous la bouche ouverte en attendant de récupérer, les miettes, pour se les enfiler ou les réparer. Ca dépend des heures, ça dépend des rues, ça dépend de la couleur des yeux du garçon au feu rouge qui trouve que mon scooter en a une jolie de couleur, ça dépend de rien du tout d’un souvenir ou d’un prisme, parce que quand on regarde bien les choses sans astigmatisme, bien en face bien droit réglo, une fois que t’as mangé un moelleux tu peux pas regretter de plus posséder les oeufs qui t’ont servi pour le préparer, c’est comme ça les choses changent d’état, jamais ta farine dans son champ elle se serait dit qu’elle allait frayer avec des oeufs CAT0 du Maine-et-Loire, jamais ils auraient pensé qu’ils deviendraient copains au point de se faire un jam gateau ensemble et surtout ils ont rien demandé mais putain ça les arrange bien parce qu’entre une farine et un moelleux je suis désolée faut arrêter de se plaindre cinq secondes, le moelleux gagne haut la main, à moins que j’aie pas compris mais si je crois que j’ai très bien compris.

quand tu marches dans le matin en réfléchissant comment l’expliquer, le brouillard doit toujours devenir profond, les gestes lourds et les gens des visages; parce que la réalité est plus aride, seuls les vieux sont des poètes ils prennent le temps de dire les virgules, de traîner leurs chaussons moelleux sur le pavé qui pleure d’avoir été encore une fois sali encore et lavé encore, ils respirent aux places où l’on remplit pour ne pas se rendre compte qu’il faudra respirer beaucoup et qu’il faut être patient, ils regardent le ciel pour nous ils sont sur le pas de leur porte en attendant qu’on les relaie, ils ne fument plus ils ont trouvé leur confort dans leurs chaussons, ils savent qu’on peut y arriver comme quelqu’un qui a été le premier à se lancer pour traverser le pont, et ils rigolent parce qu’ils nous voient avoir peur mais j’aurais bien voulu voir leur tête à vingt ans. Leurs putes étaient des marylin, leurs boîtes avaient des chapeaux et leurs chapeaux des boîtes, tandis que les deux putes que j’ai croisées ce matin avaient des valises à roulettes molles et beaucoup trop de chouchous pour seulement deux personnes. Je dis pas qu’on peut pas le faire, je dis qu’il faut slow down sur le cynisme et se demander si on est vraiment malheureux autant qu’on le dit, on a trop de boutons à disposition dont on ne sait même pas à quoi ils servent, nos phrases sont à rallonge alors que si tu trouves la bonne cheville pas besoin de percer 400 fois ni de reboucher autant. Tu te lèves, tu dis bonjour, tu dis comment tu as dormi et ça suffit. C’est le vide qui nous fait peur, c’est le manque d’idées qui nous fait penser qu’on doit se mettre la tête en bas pour remuer le marc, alors que tout le monde sait bien que la lie c’est moins bon que le vin qui est au dessus. Tout le monde parle trop et à commencer par moi, je vais me faire un thé.

J’étais en train de quitter le plus grand gâchis de l’année, valise sous les yeux, larmes sous le bras et mes pensées oubliées dans l’entrée, j’étais en train d’avoir une réaction d’adulte, j’étais en train de surexposer la situation alors que je pense que t’as compris pas la peine que j’en rajoute une couche france 3 va pas me payer plus, j’étais en train de mettre ma valise sur mon scooter et je pensais que c’était ça la situation la plus triste de l’année, quand j’ai senti une conversation derrière moi, sous le porche, devant un bar qui tient debout on ne sait comment. Ils étaient trois, deux à écouter une à se discuter tout en faisant ce mouvement significatif des gens qui ont quelque chose qui tourne pas rond, un peu comme un cheval qui somnole en se balançant de droite à gauche. Je me suis arrêtée, pas longtemps juste le temps d’entendre ce que j’avais à entendre, les deux bières à la main un peu absents parce que la dame ça doit faire un moment qu’ils l’entendent discuter toute seule, « c’est bientôt mon anniversaire, tu m’offres quelque chose pour mon anniversaire ? » Les deux réagissent pas, alors elle se balance un peu plus de droite à gauche parce qu’elle veut qu’ils réagissent, elle veut qu’on réagisse à l’évocation de son anniversaire mais personne n’embraye tout le monde a ses soucis donc elle continue, « tu sais ce qu’il va m’offrir Patrick pour mon anniversaire ? Hein ? Tu sais ? » Apparemment y’en a un des deux qui l’intéresse moins donc elle s’adresse au gros avec un pull, qui doit être un meilleur parti même si ça se voit pas directement sur sa gueule, il marmonne que non en attendant la chute parce qu’il se barre pas mais c’est pas pour autant qu’il l’écoute, « Patrick pour mon anniversaire il va m’offrir un mixer, je lui ai dit que je voulais un mixer et je lui ai montré lequel sur le catalogue et il va m’offrir un mixer pour mon anniversaire, Patrick ». Balance droite, balance gauche, balance droite, etc.
c’est là que moi j’ai démarré.