Attention alerte relou

9 avril 2011

L’homme est il fait pour être heureux ? Tu sais, je choisis précisément le jour où il fait 25 degrés dehors pour me poser la question, parce qu’en hiver, quand les bruits sonnent comme dans des cartons d’oeufs, on poursuit un seul idéal, voir la lumière. Et là qu’on ouvre la porte, c’est la torpeur qui nous repeint le dedans, une mollesse qui me pousse à me demander, mais putain, après quoi on court ? J’ai acheté Philosophie Mag pour son dossier « Je t’aime, enquête sur une déclaration universelle », et ce que j’en retiens, c’est qu’on est fait pour vivre dans le faux. On est fait de passions jusqu’à trouver un amour adulte, conscient, pour un temps, mais ça ne suffit pas, ça ne suffit jamais. C’est une suspension, un besoin d’être rassuré, ça veut dire qu’on n’est pas serein tant qu’on n’est pas amoureux puisqu’on cherche toujours à s’aimer plus, mieux, et c’est exactement pareil quand on n’est pas amoureux, puisqu’on cherche pareil, mais sans avoir personne à lire. C’est pas fameux, et ça l’est en même temps, puisqu’on est FAITS pour ça. Je parle là de mes frères conscients, ceux qui ont l’oeil sur les choses et pas ceux qui se contentent de la satisfaction de leurs besoins primaires.
Dans ma rue les gens crient souvent de colère, parce qu’ils ne sont pas écoutés ou parce qu’ils n’arrivent pas à dire « je n’aime pas, je ne suis pas d’accord ». TOUT tourne autour de ça. TOUT. Ca m’effraie et je crois que c’est à cause de ça que je cherche l’amour dans les natures mortes, une plage la nuit, un carrelage à damiers, une nappe et des oeufs cuits dur, ou encore le fait d’essayer de COMPRENDRE les autres pour ne pas être déçue par eux. Pour moi c’est un salut parce que sans ça, je serais obligée d’accepter qu’on dépend tous les uns des autres. La quête d’absolu ne peut pas se faire entre humains, on est trop fluctuants, il faut donc que je la cherche dans des choses inanimées. Ca veut dire que je serai seule souvent, et rejointe parfois par ceux qui veulent m’entendre, c’est flippant.
Je suis pas déprimée ni rien, mais je me dis que ça va être long, et je crois que je m’habituerai jamais à compter ce qui est devant.
Pourvu demain et les jours d’après, que j’oublie tout ça pour me concentrer sur la simplicité du moment, ou que j’arrive à créer pour au moins me délester.

Ah alors ps : je dois dire quand même qu’un rien me réjouit, puisqu’après ce passage un peu sombre je viens tout juste d’entrevoir un coin de mieux, bêtement, juste en pensant à l’expression « s’abîmer en mer », que je trouve super et que j’ai hâte de parvenir à placer quelque part, comme quoi tout espoir n’est pas perdu. Ca va, ça vient, pffff je n’en ai vraiment pas fini avec ma tête…