Winter’s Bone, ça va pas fort fort

9 mars 2011

Dans la vie, j’aime les gens qui s’investissent dans ce qu’ils font et les images fortes. C’est à dire qu’hier avant d’aller au cinéma je suis restée 30 secondes en extase devant le caissier de la rue de la Roquette qui bipait les articles des gens comme s’il s’agissait de colis humanitaires pour un pays en guerre. Et puis juste après, j’ai croisé deux vieux pas très beaux mais passionnés qui se racontaient le film qu’ils venaient de voir devant le cinéma. J’étais en conditions optimales d’ouverture pour regarder Winter’s Bone et en plus de ça je portais une robe à pois ce qui fait toujours plaisir.

Dans Winter’s Bone, on n’est pas dans ce qu’on appelle en se branlant « une histoire de white trash ». On est plus loin, même pas derrière les nuages, ou alors des nuages gris, lourds de déterminisme social revendiqué (masturbe-toi, c’est gratuit c’est moi qui paye). « Do You know the Dolly family ? » « Yes ». « Man, I’m a Dolly. Bread and butter ». C’est ce qu’assène la fille de Jessup au Sheriff. Jessup c’est un mec qui faisait du Meth, sorti de taule en donnant comme caution sa maison avec sa famille dedans, avant de disparaître. Il doit être retrouvé avant une semaine sinon sa frate, sa fille qui a des guts autant que 50 guerriers Comanches réunis et les deux jeunes frères et soeurs de celle-ci se retrouvent à la rue. Enfin plutôt ils n’auront pas d’autre choix que de se flinguer avec la carabine familiale parce que dans Winter’s Bone, des rues y’en a pas. Y’a des groupements de mobile home ou des fermes qu’on ne sait pas comment c’est possible d’entasser autant de bordel dedans, du froid, de l’herbe en dépression nerveuse, de la montagne, des chemins boueux.
Evidemment, Ree Dolly, (celle qui est ≥ 50 guerriers Comanches) est belle comme une rivière même avec un chouchou et une demi queue, futée, apprend à sa soeur de six ans à survivre en tuant des écureuils et elle crie le nom du mec qui fait flipper toute la vallée, quand elle se pointe devant chez lui pour qu’il l’aide à retrouver papa. Malheureusement pour elle, dans son coin il semble que le dictionnaire des relations humaines a été écrit par un mec qui ne savait pas écrire, et au mot « Entraide », il est donné la définition suivante :
Entraide : L’entraide peut être donnée à condition de d’abord rouer de coups la personne nécessiteuse, si possible en se mettant à 4 sur elle et en la laissant pour morte, puis en lui faisant passer certaines épreuves telles que [∑∏Œï|] (ça veut dire SPOIL en grec) tenir les mains de son père jeté dans un marécage afin de les lui tronçonner et ainsi prouver à la police qu’il est bien mort et que c’est pour ça qu’il ne s’est pas présenté au Tribunal, merci de ne pas exproprier la famille.
Voilà. Et seulement quand Ree Dolly est passée par là, alors les mêmes femmes qui l’ont marave sa race lui mettent un manteau sur les épaules, parce que quand même elle a aidé à tronçonner les mains de son père mort depuis quelques jours, et qu’on n’est pas des sauvages.
Ca + Ca + Ca = un film qui m’a fait me dire en sortant, « prends ton marteau entre les dents et continue ». Et puis en rentrant, devant moi y’avait une fille qui chantait toute seule alors je lui ai dit « tu chantes bien », et elle m’a dit « merci », enfin bon, moi c’est dans ces moments là que je me fais la réflexion que si on dit rien, c’est pas grave. Si on est seuls, c’est pas grave. On a tout en nous. Dedans. Ree Dolly, I got you babe.

ps : Une fois chez madmoiZelle, j’ai fait une critique du film Juno. Ma première critique, évidemment je suis passée à côté du film et je me suis faite railler pendant environ les sept ans qui ont suivi par mon rédac chef. merci, bisou, t’as le bonjour d’Alfred

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Une Réponse to “Winter’s Bone, ça va pas fort fort”

  1. ... said

    « On a tout en nous. Dedans. »

    Certes, mais souvent on ne le sait pas et c’est l’autre et le rapport que tu as avec lui qui révèle ce que tu as de meilleur en toi. C’est en ça qu’être seul, ça sera toujours moins bien qu’être deux. Fais toi une faveur et regarde Into the wild. C’est un film un peu bobo mais à la morale importante: « le bonheur ne vaut que s’il est partagé ».

    Puisses-tu le comprendre un jour…

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