nan mais je vous jure que si cette histoire s’était vraiment passée elle serait incroyable, un truc de fou, je pourrais la vendre à un de mes magazines amis et me faire une pige tournée générale pour fêter absurdement d’avoir gagné de l’argent, la boucle serait bouclée tellement l’histoire est débile, vous allez voir.
J’étais je sais pas où, je sais pas quand, toujours est il que quelqu’un m’invitait à un voyage de presse dans la Playboy Mansion, parce que Hugh Heffner voulait améliorer son image de marque de papy vicelard mais généreux sans donation corporelle forcément. (Hugh Heffner > Silvio Berlusconi).

Ellipse, pouf, San Francisco.
Vous vous doutez bien que j’ai dit oui, et d’ailleurs même dans mon rêve j’ai zappé l’avion (je pensais que j’allais pouvoir mettre que des trucs qui me plaisent, ça n’a pas marché longtemps). Donc ellipse aérienne et POUF je suis arrivée aux portes de la maison à la bien, avec un petit sac, tranquille. Pépé himself vient m’ouvrir, je tends la main et demande si je dois enlever mes chaussures, il me serre dans ses bras et me répond que mes désirs sont les siens. Ok. Et là si j’étais journaliste vous voyez je dirais « Le ton était donné » (ils sont trop mignons).
Hugh Heffner + Manu Payet = Cadeau
Bon d’accord, très bien, mais Hugh est plus malin que vous et moi. Normal, le mec a connu 4/5 des guerres du XXème siècle, guerres auxquelles il a réussi à assister en peignoir rose depuis son balcon, en gros tu lui apprends rien. Voilà comment pour me mettre dans des conditions de reportages idoines, Abuelo me déclare en tendant la tête vers un escalier (ben oui en Marbre, t’es con je vais pas le préciser on n’est pas dans Saga) « Tiens, mais c’est pas Manu Payet là, qui monte ? » Putain, mais qu’est ce que Manu Payet foutrait chez Hugh Heffner ?? Rien, à part avoir accepté «  » » » »l’invitation » » » » » payée une blinde par le tôlier. S’il avait choisi n’importe quel VRAI BG pour se frotter à des journalistes.fr persuadées qu’elles ont le charme français comme Mario a 7 vies d’avance, ça eut été ringard. Mais là, Manu Payet quoi ! Manu Payet c’est comme les Figolu, on est 11 en France à aimer les Figolu, faut être initiés, on se reconnaît entre nous. Ca veut donc dire que Hugh s’était renseigné sur la couleur de mon cortex pour me mettre bien, = j’avais le chapô de mon reportage, un truc du genre « que ceux qui n’aiment pas aimer s’en aillent ». Tout bon pour le vieux. Sauf qu’il y allait avoir un PUTAIN d’élément perturbateur, il n’avait dû lire que mon hémisphère droit…

La plus belle fille du monde me parle de Paul Auster.
Ah je vous dis pas, j’étais bien ! Je monte à l’étage pour suivre ma target et choisis un lit « pour plus tard ». Une des trois filles les plus belles de mon classement, genre italienne bronzééééé avec une grosse bouche et des yeux bleus m’aide à trouver mon « style d’oreiller », normal. J’étais même pas jalouse parce que c’était pas une Stacy de Secret Story, non elle a commencé à me parler de Paul Auster et m’a dit que j’étais bienvenue en Toscane (en Toscane mec, nan mais c’était un rêve quoi, on se met à l’aise dans un rêve). Je m’installe face fenêtre, et là putain, drame comme si Marine le Pen accouchait d’un bébé zébron, qu’est ce que je vois ? LE PACIFIQUE. AVEC DES VAGUES QUI MONTENT JUSQU’A NOUS. AU PREMIER ETAGE. Y’AVAIT DES GOUTTES SUR LA FENÊTRE.

Hugh Heffner ou pas, j’ai peur des tsunamis.
No Way. Je veux bien pratiquer la respiration ventrale pour un tas de trucs, mais se trouver sur une plaque Tektonik (cette blague appartient à quelqu’un qui se reconnaîtra <3) avec des lames qui te font coucou même sans secousse, nan, y'a pas moyen. SI j'avais voulu faire des trucs subaquatiques, j'aurais été faire la fiche d'un hôtel sous la mer, là je venais voir du plaisir ! Je fais le 0 pour le room Service et demande si y’a pas moyen d’aller dans une autre Mansion, genre à Sacramento, ou mieux dans le Texas (LOL, c’est comme si y’avait une maison Playboy dans les Vosges en gros). J’étais pétrifiée, vous savez pas comme j’ai peur des Tsunamis, ça me coupe la respiration, même à Sète je suis sur mon pied d’appel (et en maillot de bain, épique…) quand y’a drapeau Rouge, alors à SF, nan, vraiment, No way. Bon y’a ellipse, mon italienne essaye de me rassurer mais en vain, Hugh et sa femme (la vraie, une dame), m’emmènent faire un tour sur la plage pour me montrer que ça craint rien, mais ils se rendent pas compte, y’a des vagues qui me font des feintes, genre à deux mètres de moi elles mesurent 2,50m et tout à coup elles narcoléptisent, TROP PRES, à… 50 cm de mon ventre, je peux pas, je peux pas. Je me rappelle que Madame Heffner était très belle et extrêmement prévenante, elle m’a même emmené dans sa chambre blanche en enfilant des patins à l’entrée, pour trouver un vol pour que je me TIRE d’ici rapidos, et c’est comme ça que je suis rentrée, sans même demander mon reste ni entreprendre Emmanuel Payet, avec le sentiment d’ECHEC le plus fort jamais ressenti, il faut vraiment que je fasse un truc pour cette histoire de tsunami. (Et de Manu Payet).

Merci bonsoir

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Du coup moi je me tais. Avant d’avoir quelque chose de mieux à dire.

Je me rends compte que le temps fait beaucoup de choses à l’angoisse, ces derniers jours j’étais branchée all day long sur France Info, il faisait beau, et bon, ça allait. Aujourd’hui qu’il fait bas, je me suis recouchée pendant 4 heures, d’autant que ce qui se passe au Japon a un impact direct sur mon économie à moi, dans la mesure où mes chroniques sont supprimées cette semaine pour cause de remplacement par des gens qui savent de quoi ils parlent. Bon à mon sens ça devrait pas durer, quand on saura si on est cuits ou pas, je serai réintégrée pour divertir les gens jusqu’à la fin, comme dans la vie est belle vous vous rappelez ? Du coup j’ai fait un poulet aux olives, et j’attends deux heures (c’est pas comme si c’était le moment de prendre le temps) qu’il mijote avec du vin de noix et du fromage de chèvre. J’avoue que c’est un peu fantasmagorique, puisque je suis dans ma cuisine, à écrire, à la Grisélidis Réal (lisez Grisélidis Réal, une pute révolutionnaire Suisse, non vraiment lisez-la). Pour moi qui ai toujours associé ça à LA VIE, écrire seule dans une cuisine, c’est une marque repère, comme d’autres prendraient des granules d’Arnica spécial Choc ou comme tonton Domi continuerait à fumer sa roulée alors qu’il n’a plus rien entre les doigts.
Moi je me suis pas demandée pourquoi ça arrivait maintenant, c’est pas comme si on n’avait pas été prévenus, j’veux dire Y’a eu Godzilla, mais bizarrement, ma peur #1 étant les Tsunamis (d’ailleurs tout le monde me dit de ne pas m’inquiéter quand je suis au bord de la Méditerranée, mais les gars, je me suis renseignée et y’a eu un Tsunami à Santorin, bon y’a longtemps, mais c’est quand même relativement dans le secteur j’veux dire), pourtant je suis assez relax je trouve. Enfin c’est vrai que depuis vendredi je sors tous les soirs et je mange de la charcuterie alors que it’s a no no combination avec mon IMC, ça doit être ma manière à moi de profiter. Heureusement que je suis pas Natasha St Pier et Pascal Obispo sinon j’aurais écrit une chanson insupportable à base de « Si l’on devaiiiiit, mouriiiiiir demaiiiiin », Ouf putain, j’aurais pas supporté…
(j’ai du chèvre dans ma touche B)
Je me suis jamais autant renseigné sur l’actu qu’au moment de passer le concours de l’ESJ, et la fois d’avant c’était un peu forcé puisque c’était l’époque où j’avais tellement peur de tout que la probabilité que je sorte était aussi forte que celle de trouver Ben Laden en plein effeuillage au Secret Square comme ça sur un malentendu. Je me dis que donc que c’est fou, la priorisation de l’actualité est machinale, on est rivés sur le mot clé « Japon » et dès que j’entends un spécialiste pro nucléaire je parle toute seule chez moi comme une personne trop seule, à dire « non mais n’importe quoi, quel connard mais quel connard ». Le constat que je fais c’est qu’on ne sait RIEN ou pas grand chose sans sortir Wikipedia. C’est triste, parce que vous savez y’avait une bannière « DONATION » pendant longtemps en haut de l’encyclopédie et nada j’ai jamais rien donné, je me sens comme un mec qui paye pas sa pute. Affreux. Bon, en général je regarde les gens et je me sens pas super, tout à l’heure j’ai donc été acheter des zitoun pour mon poulet et les gens consomment normal, on sent aucun changement dans leurs comportement en général, c’est peut être simpliste ce que je baratine mais j’aurais bien voulu qu’il se passe quelque chose, non c’est de la merde ce que je dis, les gens s’en foutent, les twittos se twittent le nombril et font des blagues sur la catastrophe, sur facebook ça partage des vidéos, mais en général, je sais pas, non je sais pas en fait. (Là, normalement, je fais « supprimer » et je ferme mon admin WordPress en me disant « mais ta gueule non ? On s’en fout en général de tes conneries ! » Mais là je vais me forcer, il faut bien que je mette quelque chose sinon vous allez penser que je suis rentrée dans les Vosges pour aider Madame Collen à vider des canards, alors que non, je suis là ! »
Je sais pas pourquoi, mais ça me paralyse un peu ces histoires de catastrophe, va savoir pourquoi. J’ai 4000 trucs à finir et à présenter pour avoir du travail et du plaisir dans mon avenir proche, mais j’arrive pas, je n’ai fait qu’acheter un rouleau de papier Kraft et des feutres noirs pour dessiner ce qui se passe au jour le jour. D’ailleurs je vais vous raconter Jeff tiens, oui voilà une bonne raison. Allez zou.
A tout de suite.

Dans la vie, j’aime les gens qui s’investissent dans ce qu’ils font et les images fortes. C’est à dire qu’hier avant d’aller au cinéma je suis restée 30 secondes en extase devant le caissier de la rue de la Roquette qui bipait les articles des gens comme s’il s’agissait de colis humanitaires pour un pays en guerre. Et puis juste après, j’ai croisé deux vieux pas très beaux mais passionnés qui se racontaient le film qu’ils venaient de voir devant le cinéma. J’étais en conditions optimales d’ouverture pour regarder Winter’s Bone et en plus de ça je portais une robe à pois ce qui fait toujours plaisir.

Dans Winter’s Bone, on n’est pas dans ce qu’on appelle en se branlant « une histoire de white trash ». On est plus loin, même pas derrière les nuages, ou alors des nuages gris, lourds de déterminisme social revendiqué (masturbe-toi, c’est gratuit c’est moi qui paye). « Do You know the Dolly family ? » « Yes ». « Man, I’m a Dolly. Bread and butter ». C’est ce qu’assène la fille de Jessup au Sheriff. Jessup c’est un mec qui faisait du Meth, sorti de taule en donnant comme caution sa maison avec sa famille dedans, avant de disparaître. Il doit être retrouvé avant une semaine sinon sa frate, sa fille qui a des guts autant que 50 guerriers Comanches réunis et les deux jeunes frères et soeurs de celle-ci se retrouvent à la rue. Enfin plutôt ils n’auront pas d’autre choix que de se flinguer avec la carabine familiale parce que dans Winter’s Bone, des rues y’en a pas. Y’a des groupements de mobile home ou des fermes qu’on ne sait pas comment c’est possible d’entasser autant de bordel dedans, du froid, de l’herbe en dépression nerveuse, de la montagne, des chemins boueux.
Evidemment, Ree Dolly, (celle qui est ≥ 50 guerriers Comanches) est belle comme une rivière même avec un chouchou et une demi queue, futée, apprend à sa soeur de six ans à survivre en tuant des écureuils et elle crie le nom du mec qui fait flipper toute la vallée, quand elle se pointe devant chez lui pour qu’il l’aide à retrouver papa. Malheureusement pour elle, dans son coin il semble que le dictionnaire des relations humaines a été écrit par un mec qui ne savait pas écrire, et au mot « Entraide », il est donné la définition suivante :
Entraide : L’entraide peut être donnée à condition de d’abord rouer de coups la personne nécessiteuse, si possible en se mettant à 4 sur elle et en la laissant pour morte, puis en lui faisant passer certaines épreuves telles que [∑∏Œï|] (ça veut dire SPOIL en grec) tenir les mains de son père jeté dans un marécage afin de les lui tronçonner et ainsi prouver à la police qu’il est bien mort et que c’est pour ça qu’il ne s’est pas présenté au Tribunal, merci de ne pas exproprier la famille.
Voilà. Et seulement quand Ree Dolly est passée par là, alors les mêmes femmes qui l’ont marave sa race lui mettent un manteau sur les épaules, parce que quand même elle a aidé à tronçonner les mains de son père mort depuis quelques jours, et qu’on n’est pas des sauvages.
Ca + Ca + Ca = un film qui m’a fait me dire en sortant, « prends ton marteau entre les dents et continue ». Et puis en rentrant, devant moi y’avait une fille qui chantait toute seule alors je lui ai dit « tu chantes bien », et elle m’a dit « merci », enfin bon, moi c’est dans ces moments là que je me fais la réflexion que si on dit rien, c’est pas grave. Si on est seuls, c’est pas grave. On a tout en nous. Dedans. Ree Dolly, I got you babe.

ps : Une fois chez madmoiZelle, j’ai fait une critique du film Juno. Ma première critique, évidemment je suis passée à côté du film et je me suis faite railler pendant environ les sept ans qui ont suivi par mon rédac chef. merci, bisou, t’as le bonjour d’Alfred