cher journal,

14 juillet 2010

Aujourd’hui il pleut et c’est la fête nationale, alors pendant que nos amis s’astiquent les rutilantes sur les mousses de l’école Calaisienne, moi je reste à la maison avec mon soin aux white truffes dans les cheveux. (Rebelle d’accord, mais on ne transige pas sur la qualité du cheveu).
Ce matin les avions sont passés au dessus de St Mandé, les citoyens sont sortis aux fenêtres -et moi aussi-, pour voir combien on nous protège à la vitesse de la lumière papa est là ne t’en fais plus. Et puis les citoyens sont rentrés et on a entendu une chorale d’aspirateurs reprendre leur Si Bémol, parce qu’un jour férié ça sert pas à raconter des conneries sur un blog, ça sert à faire le ménage parce que tu comprends le reste du temps boulot boulot quoi.
Tout ça pour dire quoi, bah que Jojo et moi on est allés dans Le Berry ce week end, mais je crois qu’on l’a tellement répété depuis qu’on est rentrés qu’Universal devrait nous embaucher pour leur communication.
Toujours est il que ces deux jours m’ont filé une antisèche pour les jours où je me demanderai « à quoi bon TOUTE cette mascarade ». C’est marrant parce qu’on n’a rien fait de spécial, mais la morale de l’histoire c’est qu’il faut pas déprimer, parce qu’il y a toujours quelqu’un quelque part pour éveiller ta curiosité. Des gens sympas, simple, cultivés, qui ont un espacement occulaire montrant qu’ils vont vraiment écouter ce que toi tu racontes, et puis et puis, quel accueil mes amis, quel accueil. On a pioncé chez un curé qui avait posée sur la commode une photo de son vieux décoré par Maurice Papon (RIP vieux), j’ai fait la vaisselle avec plaisir, rigolé franchement, dansé le rock’n’roll et écouté des crapauds chanter I believe I can fly en pleine nuit, la vraie vie quoi.
voilà.

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Demain à 11h j’ai rendez vous avec Farida de l’ANPE pour lui expliquer c’est quoi mon orientation professionnelle, alors du coup aujourd’hui j’ai été tenté une expérience : trouver une paire de chaussures aux Galeries Lafayette, sans limite de temps ni d’argent. Le temps je l’avais parce que je pouvais pas rentrer chez moi : si je le faisais, je serais obligée de FAIRE UN CV, le truc genre impossible (mais on en parlera après). Et sans limite fiduciaire parce que hier l’Espagne a gagné le mache pour aller en finale de Coupe du monde, alors comme Jojo était trop content il m’a dit « c’est toi le porte-bonheur, achète toi ce que tu veux ». En mode déesse du temple, sauf à St Mandé quoi.
Alors du coup j’ai regardé le coin gauche et je me suis dit « mmmmmh qu’est ce que je voudrais VRAIMENT… »
1/une pièce peinte en bleue des chaises au plafond, un bleu profond et avec juste des oranges oranges sur la coupelle en bois bleue sur la table bleue. (Ca serait une pièce style magique où on enfermerait nos dépressions).
Réponse → tu n’as pas de local pouvant répondre à ta demande. REQUETE AJOURNEE.
2/Des géllules comme les Lipical qui aspireraient les calories en entier de ce qu’on mange. Du coup souhait numéro 3 :
3/ Des snickers sans limite de quantité
Réponse → … mais qu’est ce que c’est que ce souhait de grosse ??? Ca va bien oui ?!
4/ Bon ok, alors des chaussures aussi belles que le matin quand on n’a pas le cafard.
Réponse → souhait validé.
Ah.
Du coup je suis partie avec mon panier en osier + repas tiré du sac aux galeries lafayette pour chercher des chaussures aussi belles que le matin quand on n’a pas le cafard.

Ne perds pas patience, y’a des photos un peu plus loin.

ACTE 1, les filles ont des doigts de pied en pâte à tarte
Sur place, j’ai pu constater que plus les filles sont riches, plus elles ont les pieds fins, genre limite le petit doigt de pied c’est comme le reste de pâte de quand on fait une tarte. C’est pas comme si j’habitais à Calcutta jusqu’ici, c’est juste que je traîne pas dans les grands magasins, pour moi un grand magasin ça doit être suisse et sentir le bretzel, sinon c’est pas la peine de se lever.
Ensuite, j’ai voulu laisser mon pouf d’essayage à une jeune fille environ née en 1988 parce qu’elle venait de se faire piquer son propre pouf, su proprio pouf quoi, et donc elle avait beau avoir l’équivalent d’un tiers de mon salaire en soin capillaire, elle m’a pas remerciée. Ni ouf ni merde la gamine. Donc d’accord, j’ai dit c’est comme ça, j’ai dit vous voulez pas m’accepter, alors je vais aller dans le rayon des chaussures VRAIMENT chères, j’ai dit. Sus à Mellow Yellow, sus à Jb Martin, je me tire, Tchao Pantin.
Et je suis partie de l’autre côté, genre où y’a Jimmy Shoo et la bande à Bader en terme de chaussures.
Alors bon, franchement j’étais ouverte hein, prête à recevoir, j’ovulais des yeux si tu veux une image (j’aime pas les images qui impliquent le sexe, mais bon allez, c’est les soldes). Eh ben… Rien. Pas un petit soupir, ni un gémissement d’envie, nada. Jean Claude, j’bande plus j’ai dit à une petite paire de Saint Laurent. Alors Jean Claude m’a dit « mais fi ! Va fez Viuveppe Vanotti ! » (les chaussures Yves St Laurent zozottent, c’est comme ça).

ACTE 2, entre Russie et orgasme de pied
Fébrile et voltaïque, je me suis dirigée vers le coin Giuseppe Zanotti, où une russe un peu potelée (AHAHAHAH UNE RUSSE POTELEE LA HONTE)* m’a dit « Bomjour Modmozelle » avant de se planter dans un coin comme un garde en faction.
*cette remarque était financée par la comité français de jalousie envers les femmes russes menstruées)
(ellipse)
On retrouve la protagoniste figée devant ce qui semble être une paire de chaussures. (Bon en même temps on est au -1 des Galeries Lafayette, si tu trouves des carottes en barquette il faut me le signaler).
Ce que je viens de trouver là, ça n’est pas une paire de chaussures, c’est un chef d’œuvre. L’équivalent d’un moelleux au chocolat géant :

Chaussures en Aigle d'Amérique Véritable.

Un petit frisson d’exotisme mêlé à l’âme de Jessica Simpson qui rôde par là me parcourt, je le sais je le sens, ces chaussures me veulent. Problème : elles coûtent 805 euros avec déjà -30% qui sont déjà escomptés, comme me l’explique Natalovitch avec son accent sexuellement supérieur.
Je sais, j’ai dit que j’avais pas de limite fiduciaire. Mais moi, j’viens d’la base. C’est au dessus de ce qu’on m’a inculqué pendant 20 ans de courses vestimentaires chez Aldi que d’acheter une paire de shoes à 800 euros. Un salaire d’alternance quoi, merde faut pas déconner.
Tant pis. Ca fait aussi mal que de laisser son petit partir en vacances chez mamy pour la première fois, mais je les quitte.
A H+4, la décision me fait toujours aussi mal. Surtout que je t’ai rien dit mais, y’avait leurs sœurs en jaune à moins d’un mètre, ce qui fait que j’ai fait une seconde crise cardiaque fez Viuveppe Vanotti devant la ruskoff en moins de 4 minutes :

mmmh aah mmh oui sssh ah t'arrête pas


J’ai eu beau déambuler à travers les rayons, tenter de faire remonter le frisson en essayant 432 autres modèles, rien n’y a fait. J’espère que je suis pas devenue une peine à jouir des chaussures à cause d’un aigle d’Amérique…

Epilogue : du coup je suis retournée à la maison, chez H&M, et j’ai acheté des trucs avec les étiquettes rouges 5€… Parce que je viens de la base, et sans la base, y’a pas d’édifice nan ©.