Jean Claude, j’bande pas.

26 décembre 2009

Je dois vous raconter Simone. J’en sors à l’instant, et je ne ferai pas un pas de plus sans vous narrer la bonne femme du lieu-dit la Goutelette, c’est pas vraiment là mais on sait jamais, des fois qu’un de ses gamins tape le blaze de sa dareun + le vrai lieu dit, faudrait pas qu’il tombe sur cette histoire sans quoi il me foutrait au cul au mieux un procès, au pire un pruneau. BREF.

Cet après midi on est allées se promener entre meufs qui avaient habité longtemps près de chez Simone. Leur fantasme du moment c’était qu’on retourne chez la vieille pour qu’elle nous offre un de ses bonbons. Vous savez, on a toutes une vioc dans son entourage d’enfant, offrant qui du pain d’épice, qui un quartier de pomme, qui un Lutti, bref, offrant un truc comme le font les vieilles en patin.

On est arrivées devant chez elle, entrées sans frapper dans la grange, crié « Simonne ? Siiiimooone », puis on est entrées cash chez elle, dans sa cuisine, sans demander ni rien. C’est comme ça chez les vieux dans les Vosges. Tu frappes à peine que t’as déjà le pied dans la casbah, pour peu tu tombes sur une poule in the kitchen donc tu comprends c’est pas la peine de s’échiner à faire 40 000 manières. BREF.

Simone a 79 ans. Elle a les cheveux blancs mais elle a dû tenter un blond y’a pas plus de 5 ans, y’a des restes comme une peinture caméléon dans sa tignasse. Elle a ouvert la seconde porte en demandant « qu’est ce que c’est ? » Et puis elle a dit « haaan ohhhh » comme les vieilles qui te remettent pas encore tout à fait mais ça tarde pas à venir. Elle nous a invité à entrer, à fait la bise à mes copines qu’elle reconnaissait, m’a appelée Marie parce qu’elle me confondait avec ma cousine, et puis elle nous a dit « assoyez-vous ».
Simon est rougeaude. Pas grosse, rustique. Pas très belle, mais bon va habiter une vie dans son ghetto forestier et la couperose te niquera aussi ton capital belle gosse. Fascinée que j’étais. Par la pièce, un vrai décor. Par la tarte qui gisait sur un plateau, aux pommes, of sure, par le buffet en bois foncé, tout, c’était parfait. Et puis elle… « Comment allez vous Simone ? » A demandé ma copine les doigts croisés sur la table, à l’aise. « Oh pas tréés bien », a répondu mémère en faisant la moue des vieux qui vont dégainer pourquoi ça couille dans leur vie. Et c’est là, dès ce moment, que j’ai dû cligner 4 fois la minute pour ne rien perdre de cette personne, tant son discours était …Simonesque. Magic touch. « Je suis paralysée » (elle nous a accueilli limite en faisant un entrechat). « De la langue ». (ah ? Mais donc tu peux pas parler alors ?) Et puis je ne vois plus (On était 4, elle ne s’est que trompée sur mon nom, mais en même temps normal, on se néco pas) et puis je n’entends plus ». (… ?)
Simone, tu déconnes. Ou tu te fous de notre gueule meuf.
Simone a continué, juste après nous avoir proposé une pièce de la vieille tarte. Non merci
Elle a dit pour ses enfants, ses huit enfants qu’elle n’avait pas volé, qu’elle n’avait plus envie de travailler (79 ans la gadgi), elle a dit aussi que sa « paralysie » lui venait d’une attaque, survenue en pleine nuit. Elle était pas allée à l’hôpital.
Pendant tout ce temps, je regardais son « décor », l’almanach du Facteur avec les chevaux, le buffet en bois foncé, le poêle au coin qui nous soufflait du 25, 26°c, et puis les fenêtres comme ça se fait ici, des fenêtres de vieux où même quand c’est fermé tu sens le courant d’air avec ton doigt.
Les mains croisées sur la table aussi, Simone nous a montré la liste de ses petits enfants, arrières petits enfants et enfants, une liste avec toutes les dates d’anniversaire. Elle était tellement bourrue qu’on en avait des fous rires. « Et tes parents ? ils auraient pas pu éviter de divorcer ? Et toi, c’est qui ton père, on sait toujours pas ? Oh tu sais, ton ex mari vient souvent me voir, ouhla il est malheureux, malheureux ! » La vioc aux ongles sales nous massacrait une par une, sauf moi mais c’est parce qu’elle me connaissait pas…
« Simone, je veux un de tes vieux bonbons pourris.
« Ouuuuh, j’en ai pu dans la boîte ! »
« J »m’en fous j’en veux un »
Simone s’est levée comme une personne pas du tout paralysée, a été remplir le sucrier de bonbons Eucalyptus et puis elle est revenue.
On a bouffé notre valda
on a dit au revoir Simone portez vous bien oh oui vous aussi allez à bientôt
Et puis on est parties.
Se promener un peu plus dans la forêt.
On a partagé une clope en se marrant de l’indélicatesse à 100 000 $ de Simone et on est rentrées.

Sinon, oui Les Valseuses, c’était juste pour teaser, je t’ai bien eu !
Bisou !

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nota bénédicte.

20 décembre 2009

Non rien, je voulais juste dire qu’on était le dimanche avant Noël, qu’il était 15h00, que j’avais pas de mascara et que pourtant, j’ai pas le cafard. Rien. Pas de pétrole dedans, nada.
Et comme c’est pas arrivé depuis genre jamais arrivé, je trouvais intéressant de le noter, même que pour m’en souvenir quoi.

En mode frites et bluberry

12 décembre 2009

Je peux pas dire que je suis désorganisée, non c’est pas exactement ça. Disons que bon, déjà je suis une branleuse, ça oui, et puis je sais pas me décider. Donc : quand j’oublie des trucs c’est parce que je suis une branleuse, quant à la partie « je sais pas me décider », j’ai une illustration sous forme d’histoire, très vraie, et qui te divertira.
A midi j’étais en compagnie d’une personne à deux fossettes dans le pour-l’instant-meilleur- restaurant de burgers du Paris connu. C’est là que s’est illustrée ma capacité à ne pas savoir ce que je veux. L’homme à la fossette au carré n’étant pas du style à préférer le sport à un déjeuner, ça n’a pas aidé. Incapable de me décider entre sucré et salé dans le menu, j’ai donc opté pour… pour… Des pancakes aux myrtilles ET une assiette de frites Cheddar. Ouais, c’est chelou, c’est ce que disaient les yeux des gonzes qui attendaient patiemment sur le trottoir pour casser une graine à notre place de banquette.
Voilà c’est tout, enfin non, puisque mon accompagnant m’a également fait part d’un bout de son burger ognon et sauce barbecue, mais y’a pas à dire, la sauce barbecue, j’aime pas ça.
et puis bon y’avait son milk shake vanille aussi, mais je l’ai goûté juste pour lui montrer la manière trop chelou qu’a de boire une fille de ma connaissance. (non mais plizz cette dernière phrase on dirait une traduction reverso)

j’ai 24 visites par jour

1 décembre 2009

Ouais t’sais, j’ai un blog.
je voulais juste raconter que ce week-end j’étais allée dans l’est de la France, là où les gens ne mettent pas de fond de teint, et quand ils en mettent c’est au mieux du Gemey Maybelline, sinon c’est du Mildeen (Aldi), et juste pour le Réveillon, t’sais, genre ils achètent un chemisier à la Halles quand c’est le Réveillon. Ils l’achètent en avance parce qu’ils se réjouissent que ça soit la fête, avec du Tarama sur des toasts et tout.
Là bas j’ai vu t’sais genre plein de trucs immenses, wah, c’était trop beau. Je me suis demandé plusieurs fois si j’avais le bourdon, mais en fait, c’est quand je mets un calque entre le hype et là bas que j’ai le cafard. Donc j’avais le cafard oui, mais seulement lorsque je me disais « tiens, il va falloir que je me remette définitivement sur patte moi », ou bien « oh, c’est marrant comme c’est vert les prairies, ah mais non, ça va me faire un souvenir pour quand je serai rentrée, faut que je fasse attention ».

Bon en fait, ouais voilà : plus j’écoute les gens plus j’ai envie de les inviter à venir manger les pommes de terres farcies de ma mère. Deux heures de préparation, elle se fout pas de ta gueule Claude quand elle te claque une assiette creuse avec quatre patates farcies qui fument au centre. C’est agréable je trouve de vivre un moment et en même temps se rendre compte qu’on vit un moment de bonheur inoui. Même si j’aime pas trop cette expression qui fait un peu hédoniste mon cul, franchement ça m’arrive tout le temps sauf que des fois j’ai le mauvais objectif devant les yeux et que du coup, je peux pas le voir. Vendredi par exemple, j’étais en Jumpy (ouais j’aime bien condurie des camionnettes je trouve ça marrant), et je suis tombée sur Système disques (France inter) et je me disais « tiens j’aimerais bien écouter Florence and the machine », et là bam, qu’est ce que j’entends pas ? Valli qui dit avec son accent anglais comme si elle mangeait tout le temps un Carambar  » Et maintenant nous allons parler de l’album de Florence and the machine » wah ! J’étais là, je conduisais, il devait être j’sais pas moi, 23h, et j’ai mis à fond tout ce que je pouvais, je pense même qu’ils ont passé Dog Days mais je sais pas parce que je suis arrivée à destination avant la fin de l’émission. Et je me sentais trop bien moi, à ce moment là. J’me sentais, j’sais pas, comme une armoire rangée et qui sent l’adoucissant.
Et ce qu’il y a aussi c’est le matin. Le matin pour moi, quand je vais là bas, c’est ce que je préfère. Sauf le dimanche parce que je mange trop de baguette et j’ai le cafard quand je mange trop, mais c’est pas ça dont je veux parler. Ce que j’aime c’est le samedi. Parce que le vendredi soir, j’ai du mal à m’endormir, j’ai trop fait de route et j’ai froid aux pieds, et quand j’ai froid aux pieds c’est impossible que je dorme, donc je suis là, j’essaie de pas penser parce que la nuit dans ma tête c’est comme un garage souterrain, c’est ciel bas sur mes idées, et j’étouffe de penser que je vais pas y arriver, y Arriver avec un grand A si tu vois ce que je veux dire.
Par contre le samedi matin, j’ouvre un oeil et je suis contente, parce que je me rappelle de mon état d’esprit de la nuit, quand j’ai comme du pétrole qui me coule dedans et tout, et je me rends compte que c’est un peu passé, et qu’une journée neuve c’est comme un text edit vide, tout est possible quoi.

C’est là que je me lève rapide, que j’enfile mes habits direct parce que souvent quand je vais là bas j’y vais à vide, parce que je sais bien qu’entre les confitures et tout, je vais rentrée chargée comme une mule. Donc je remets mes fringues direct mai par contre je prends le temps de regarder le ciel, parce qu’on est au premier et que c’est trop beau, on dirait l’éternité. Et puis y’a le coq qui chante, donc je sais pas, j’aime bien c’est comme si j’étais le doc de retour vers le futur et que je m’accrochais à l’horloge pour retenir un peu le temps. Bref, c’est pas là que je voulais en venir, wah, je m’égare c’est dingue comme mes parenthèses sont immenses.

Le samedi matin je me tire en voiture vers Bâle, parce qu’il y a un marché aux puces chaque semaine, été comme hiver, et je suis déjà du genre à faire les marchés aux puces en France, mais alors en Suisse c’est impossible que je passe à côté. Au marché du samedi à Bâle, c’est tellement bien que même quand il pleut il fait beau. Et puis faut négocier en allemand, j’sais pas c’est comme si on était dans un film, ça change, c’est pas comme les gens qui font la queue au Carrefour en regardant le chemisier qu’ils vont payer avec suspicion, comme s’ils doutaient déjà du bien fondé de l’achat.

Nan, au marché aux puces ça se passe pas comme ça, tu vois la vie des gens qui défilent, leur caractère et tout. Par exemple samedi dernier, y’avait une grand mère qui vendait des paires de chaussures : le même modèle en 4 couleurs différentes, comme si elle nous donnait une partie de son secret : quand je suis à l’aise j’achète en quantité. D’ailleurs ça me fait rire les gens qui arrivent à faire ça, moi je peux pas il me faut de la pièce unique, c’est pour ça que j’aime bien les marchés. D’ailleurs quand je trouve quelque chose là bas, c’est aussi un moment de bonheur inoui, je m’imagine quand est ce que vais le mettre et tout, et là bizarrement je mets en calque là bas et ma vie, et ça me fout pas le cafard, non. Parce qu’il y a des couleurs sûrement, ça me fait une thérapie par la chromo ou une connerie dans le genre. Bref.
En parlant de bonheur inoui, je cherche une paire de bottes rouges, en fait y’a un an c’est pour ça que j’ai commencé à faire les marchés aux puces, ouais je préfère dire marché aux puces que braderie ou brocante, chez moi c’est comme ça qu’on dit. Bref, je pense que le jour où je trouverai la paire de bottes parfaites, je vais pleurer de joie tellement je serai contente. Ca fera débile sûrement, mais fera un souvenir drôle et puis je suis pas obligée de le raconter…
Tiens si j’avais encore un peu la place, je vous parlerais des moments tellement boumboum qu’on en pleure de joie, parce que quand même c’est encore meilleur qu’un orgasme, mais bon j’ai pas trop envie de comparer au sexe parce qu’en fait ça n’a rien à voir. C’était juste pour une comparaison qui parle à tout le monde, et voilà je suis encore en train de commencer une parenthèse qui finira jamais…